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La nouvelle passion de mon fils

La nouvelle passion de mon fils - Paul Karim

J’avais découvert un métier qui m’était inconnu jusque-là, celui de tabletier. La spécialité de l’artisan est de ne façonner que des petits objets en bois ; j’ai un cousin qui s’intéresse à l’ébénisterie, et il m’avait demandé quelques conseils pour de la maçonnerie. En retour, il m’avait fait un bol, une planche à découper, et un saladier en bois d’olivier. Il avait eu ce précieux bois grâce à un ami, qui avait eu la chance de pouvoir en commander, en grosse quantité, des grumes d’olivier, qui sont des troncs entiers avec l’écorce encore dessus, plus des branches, ou encore des souches. Je découvris le talent de mon cousin pour réaliser des fines planches avec une scie à ruban, pour poncer progressivement le bois, jusqu’à ce qu’il possède une douceur incomparable. Mon cousin avait aussi des outils que les ébénistes utilisent depuis longtemps, comme l’herminette. Les chutes de bois, qui restaient après avoir créé un bol, ou un saladier, étaient réutilisées pour produire des manches de couteau, par exemple.

J’emmenai mon fils, un soir en rentrant de l’école, voir mon cousin. Ma femme avait rendez-vous avec un spécialiste de juvederm. Je devais prendre une paire de couverts à salade que j’avais commandés pour ma mère. Quand mon fils entra dans l’atelier, il resta en arrêt devant les machines et les outils. Des ciseaux à bois de diverses formes et tailles, étaient rangés sur un mur, juste devant l’établi sur lequel une dégauchisseuse et une ponceuse à bande étaient posées. Le travail en cours de mon cousin était devant nous, en plein milieu de l’atelier. C’était un tabouret bas en olivier. Il était tout en rondeur et les veines du bois donnaient un style très design au meuble. Je vis l’intérêt que portait mon fils à l’œuvre qui s’offrait à son regard.

Il ne put s’empêcher de toucher l’objet, timidement tout d’abord, puis d’en suivre les contours en éprouvant la douceur du bois parfaitement poncé. Mon cousin arriva à ce moment-là, mais il resta silencieux. Il observait mon fils. Quand ce dernier eut fini son inspection, mon cousin s’avança, et il lui demanda ce qu’il pensait de son travail. Mon enfant exprima tout de suite son émerveillement devant la beauté de l’objet, et il exprima le souhait de venir plus souvent à l’atelier, si mon cousin voulait bien lui apprendre son métier. Ce fut à partir de ce jour que mon fils vint chaque samedi pour apprendre l’ébénisterie.

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