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Mes promenades avec Lord

Mes promenades avec Lord - Paul Karim

J’avais prévu de faire une promenade dans un parc avec mon chien, pour le vendredi en fin d’après-midi. Comme mon emploi du temps est surchargé, j’ai décidé que je prévoirais mes loisirs et mes sorties à l’avance. Sans cette organisation, je ne parvenais pas à dégager un peu de temps pour me détendre. Lord, mon épagneul papillon, manquait de sorties pour se dépenser, et il avait pris beaucoup de poids. Le vétérinaire m’avait avoué que les promenades étaient indispensables pour que mon animal de compagnie soit en pleine forme. Je ne suis pas un grand adepte de la marche, et je ne cours que deux à trois fois dans le mois. Cependant, je devais bien reconnaître que prendre l’air me ferait le plus grand bien. J’ai donc noté sur mon agenda les heures où je devais sortir mon chien, car c’était la seule façon que j’avais trouvée de me dégager de mes autres responsabilités pendant quelques heures chaque semaine.

En sortant de l’immeuble, j’ai rencontré Martine, ma voisine. Elle venait de régler les derniers détails pour son déménagement québec. Elle m’a accompagné jusqu’à la porte du parc. Elle devait partir travailler et le trajet le plus court pour s’y rendre contournait en partie le jardin public. Dans une partie de ce lieu, un étang a été aménagé et une colonie de canards est installée. Je me suis assis sur un banc. Lord apprécia cette pause. Il se coucha à mes pieds et, comme moi, il observa les palmipèdes qui flottaient sur l’eau. La douceur de l’air, en cette fin d’après-midi, était prodigieuse, pour ce moment de l’année. C’était la fin du mois d’avril. Un vent tiède soufflait ; les jeunes feuilles des saules, d’un vert acide, étaient apparues depuis peu sur les longues branches tombantes.

Pas un nuage ne passait dans le ciel. Je me suis attardé plus longtemps que je ne le devais. J’ai regardé ma montre et j’ai constaté que je devais absolument me dépêcher pour rentrer chez moi. J’étais attendu pour un souper. Quelques promeneurs s’attardaient dans les allées. J’ai pressé le pas et j’ai été étonné ne pas sentir de résistance au bout de la laisse. Pour une fois que le chien ne traînait pas, j’étais satisfait. Seulement, quand je me suis retourné, j’ai vu que la laisse était vide. Mais, à quelques pas derrière moi, mon ami à quatre pattes trottait. Je n’ai jamais compris si la laisse s’était détaché toute seule, ou si j’avais fait une mauvaise manipulation.

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